Les tons en chinois et pourquoi vous ne pouvez pas les ignorer

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2020

Avez-vous déjà essayé d’impressionner vos amis chinois avec vos compétences linguistiques, pour finir par complimenter accidentellement leur « cheval » au lieu de leur « mère ». Ou avez-vous essayé de parler de votre passion pour les pandas, alors qu’en fait vous parliez de vos poils sur le torse ? Si c’est le cas, vous êtes au bon endroit !

Les tons chinois sont un élément essentiel de l’apprentissage du chinois mandarin, et ils peuvent faire la différence entre une conversation décontractée et un malentendu hilarant. 

Dans cet article, nous allons nous aventurer dans le monde des tons et vous montrer pourquoi vous ne pouvez absolument pas les ignorer. Alors, attachez votre ceinture et préparez-vous aussi un peu à rire !


Les quatre tons principaux en chinois (et le mystérieux cinquième)

Examinons de plus près les quatre tons principaux et l’énigmatique cinquième, afin d’éviter ces maladresses dont nous venons de parler.


1. Premier ton : haut et plat (ā)

Il est haut, plat et régulier, comme une ligne plate sur un moniteur cardiaque. Par exemple, « mā » (妈), qui signifie « mère ».

Imaginez que vous dites bonjour à quelqu’un avec une voix calme. C’est le premier ton !

2. Deuxième ton : montant (á)

Ce ton démarre à une hauteur médiane et remonte, comme lorsque vous posez une question, « quoi ? », ou que vous vous interrogez, « hein ? ».

Par exemple má (麻) qui signifie « engourdi » ou « chanvre ».

3. Troisième ton : commence bas, descend encore plus bas, puis remonte légèrement (ǎ)

Imaginez que votre voix forme un léger U lorsqu’elle descend et remonte. C’est comme si vous descendiez un toboggan, que vous heurtiez une bosse et que vous remontiez à nouveau. 

Pour maîtriser ce ton, il est important de descendre assez bas, là où vos cordes vocales commencent à faire des grésillements. 

Exemple : mǎ (马) qui signifie cheval.

4. Quatrième ton : la chute (à)

Imaginez que vous venez de réaliser que vous avez oublié votre téléphone à la maison alors que vous êtes sur le chemin du travail. Vous dites alors « mince ! » ou « flûte ! ».

Le quatrième ton commence haut et descend rapidement, comme un lourd soupir de frustration.

Exemple : mà (骂) qui signifie gronder ou maudire.

5. Cinquième ton : neutre

Le dernier, mais non le moindre, est l’énigmatique cinquième ton. Il est le plus discret de la famille des tons en chinois. Il est neutre, et ne s’embarrasse pas des hauts et des bas des autres tons. 

Regardez « ma » (吗), la particule interrogative. C’est comme si elle disait : « Je suis juste là pour poser une question, ne vous occupez pas de moi ».


Les tons sont-ils vraiment si importants ?

Ce qu’il est essentiel de comprendre, c’est que la prononciation d’un caractère chinois est fonction à la fois de son pinyin mais également de son ton. Si vous changez le ton, c’est un autre caractère, un autre mot.

Il est courant d’entendre certaines personnes dire qu’il suffit de maîtriser la prononciation des pinyins pour que les Chinois comprennent, car le contexte aide à savoir de quoi on parle.

Dans une certaine mesure, c’est vrai. 

Par exemple, vous rencontrez quelqu’un et vous commencez à parler de la météo. Si vous dites xiàyú (下鱼) au lieu de xiàyǔ (下雨), tout le monde va comprendre que vous voulez dire qu’il pleut et non pas qu’il tombe des poissons !

De même, dans les chansons chinoises, plus de 90% des tons ne sont pas respectés. En effet, les mots vont suivre la mélodie et non leur ton intrinsèque, et pourtant les Chinois arrivent bien à comprendre le sens des paroles.

Mais ce qui est valable pour une chanson ne l’est pas dans une conversation courante.

Il n’est pas toujours facile, pour un français, de comprendre l’effet d’un mauvais ton sur la compréhension orale. En fait, c’est comme si quelqu’un prononçait les mots de façon légèrement différente. 

Par exemple, s’il prononçait « orage » à la place de « orange », ou « jeune » à la place de « jaune ».

Dans certains cas, vous allez arriver à comprendre, mais il vous faudra un effort de concentration pour suivre la conversation, surtout s’il y a des erreurs sur quasiment tous les mots.

Dans d’autres cas, ce sera plus dur. Si « jaune » et « jeune » sont prononcés pareil, quand on dit « un oiseau jaune/jeune », est-ce que l’on fait référence à la couleur ou bien à son âge ?

Vous commencez à comprendre toute l’importance des tons dans la langue chinoise !

» Évitez ces 10 erreurs dans votre apprentissage du chinois

» Comment surmonter sa peur de faire des erreurs en chinois ?


Malentendus amusants sur les tons

Les tons sont essentiels dans l’apprentissage du chinois. Une erreur de ton ne rend pas la communication impossible, mais elle la rend plus difficile.

Certaines erreurs sont plus graves que d’autres. Parfois cela peut sonner bizarre, parfois il peut s’agir d’un autre mot. Et si vous n’avez pas de chance, cette erreur de ton se transforme en une situation drôle ou embarrassante.

Voici 5 exemples concrets, des pièges dans lesquels il est très facile de tomber !


水饺(shuǐjiǎo, raviolis) et 睡觉(shuìjiào, dormir)

Si dans un restaurant vous voulez commander des raviolis 水饺(shuǐjiǎo), prononcez bien les deux troisièmes tons, sinon la serveuse va croire que vous êtes fatigués et que cherchez une chambre pour dormir 睡觉(shuìjiào).

我要水饺 (wǒ yào shuǐjiǎo) : je veux des raviolis

我要睡觉 (wǒ yào shuìjiào) : je veux dormir

 

(wèn, demander) et (wěn, embrasser)

Ce sont tous les deux des verbes qui sont suivis d’un nom, et demander quelque chose à quelqu’un n’est pas la même chose que de vouloir l’embrasser !

我可以问你吗?(wǒ kěyǐ wèn nǐ ma?) : puis-je te demander ?

我可以吻你吗?(wǒ kěyǐ wěn nǐ ma?) : puis-je t’embrasser ?

 

熊猫(xióngmāo, panda) et 胸毛(xiōngmáo, poils du torse)

Même si le contexte permet souvent de lever l’ambiguïté, cette confusion de tons fera souvent sourire votre interlocuteur !

我喜欢看胸毛(wǒ xǐhuān kàn xiōngmáo) : j’aime regarder les poils sur le torse

我喜欢看熊猫(wǒ xǐhuān kàn xióngmāo) : j’aime regardé les pandas

 

汉语(hànyǔ, langue chinoise) et 韩语(hányǔ, langue coréenne)

Si vous voulez demander à un Chinois de vous enseigner sa langue maternelle, ne dites pas :

你可以教我韩语 (nǐ kěyǐ jiào wǒ hányǔ)

Car vous venez de lui demander s’il peut vous apprendre le Coréen ! Cela devient encore plus amusant s’il répond :

我不会韩语 (wǒ bù huì hányǔ, je ne parle pas Coréen)

Et que vous comprenez :

我不会汉语 (wǒ bù huì hànyǔ, je ne parle pas Chinois) !

 

西服(xīfú, costume) et 媳妇(xífù, femme)

Cette erreur de ton peut rapidement devenir embarrassante :

新西服很漂亮 (xīn xīfú hěn piàoliang) : le nouveau costume est beau

新媳妇很漂亮 (xīn xífù hěn piàoliang) : la nouvelle épouse est belle


Maîtriser les enchaînements de tons est le plus difficile

Apprendre à bien prononcer individuellement les tons de chaque caractère est déjà un exercice qui demande un peu de travail et de temps. Ce n’est pas quelque chose d’inné pour les français, sauf à avoir déjà appris une autre langue tonale (car les tons ne sont pas une exclusivité du chinois !).

Certains y arrivent plus vite que d’autres, mais il ne faut pas se décourager. Le plus important est de se forcer à prononcer les tons dès les premières heures de votre apprentissage du chinois. C’est un réflexe qu’il faut avoir.

Il est également important de se faire accompagner et se faire corriger. Car parfois vous pensez bien prononcer, alors que cela sonne bizarrement dans l’oreille d’un Chinois.

C’est d’autant plus important lorsque vous devez enchaîner les tons dans une phrase de façon fluide. Même si vous savez bien prononcer chaque caractère individuellement, les enchaîner demande un peu de travail.

C’est comme lorsque vous apprenez à jouer d’un instrument de musique. Vous savez rapidement jouer différentes notes, mais jouer un morceau de façon fluide est plus compliqué. Vos doigts doivent se poser rapidement au bon endroit sur les touches du piano ou sur les cordes de la guitare.

C’est la même chose pour les tons, la voix doit successivement se placer à des hauteurs différentes, monter, descendre.

Mon conseil de professeur : au début, ralentissez le rythme ! Beaucoup d’élèves essayent de parler aussi rapidement en chinois qu’ils parlent en français. Au début, c’est impossible d’avoir à la fois une bonne prononciation et un débit de parole important.

Il faut accepter de parler len-te-ment, ne pas hésitez à séparer chaque syllabe pour bien marquer les tons. Lorsque vous êtes à l’aise, essayez d’aller un peu plus vite, mais ne brûlez pas les étapes.

Voir notre article : 5 étapes pour améliorer sa prononciation en chinois


Apprenez le ton en même temps que le mot

Lorsqu’ils apprennent de nouveaux mots de vocabulaire, beaucoup d’étudiants se focalisent en priorité sur le pinyin et font souvent l’impasse sur le ton. En progressant, ils se rendent alors compte des problèmes que cela pose, et doivent à nouveau réviser tout leur vocabulaire pour intégrer les tons.

Mémoriser les tons n’est pas toujours facile, c’est même souvent un exercice difficile. 

Une astuce est d’associer la prononciation du ton à un geste. Lorsque vous prononcez un mot (à haute voix de préférence, vous le mémoriserez mieux), mimez le ton avec votre main ou un doigt, à la manière d’un chef d’orchestre.

N’ayez pas peur d’être ridicule, et vous verrez que cela fonctionne ! Votre cerveau va associer le son et le mouvement. Vous allez plus facilement vous rappeler d’un geste de la main qui monte (représentant le deuxième ton) que du numéro du ton.

Lorsque vous débutez en mandarin, n’hésitez pas non plus à exagérer la prononciation des tons. Cela peut vraiment aider à les mémoriser.

Enfin, ayez toujours un dictionnaire à proximité lorsque vous avez un doute, et vous en aurez souvent. Ne vous inquiétez pas, c’est tout à fait normal d’oublier certains tons, surtout pour les mots que vous n’utilisez pas souvent ou que vous avez appris récemment.

Cela m’amène à un dernier point, qui est souvent inconnu ou négligé par les étudiants : il faut apprendre les tons des mots et non pas des caractères.

Cela concerne les mots composés de 2 caractères ou plus. Leur prononciation n’est pas toujours celle des caractères individuels. Il est notamment courant que le dernier caractère se transforme en ton neutre.

Par exemple, le mot 时候, qui signifie une « période de temps », se prononce shíhou et non pas shíhòu. Même si 候(hòu) se prononce au quatrième ton, dans le mot 时候 il se prononce au ton neutre.

Vous allez me dire que c’est un détail. Oui, mais ce sont ce genre de détail qui fait que vous serez parfaitement compris, que vous aurez une belle expression orale et que les Chinois natifs auront plaisir à parler avec vous.


Conclusion

Alors que nous arrivons au terme de cet article, il est essentiel de rappeler l’importance des tons dans la communication en mandarin. Ils sont la clé pour se faire comprendre, et les maîtriser vous aidera non seulement à éviter les malentendus amusants, mais aussi à renforcer votre confiance lorsque vous parlez avec un natif Chinois.

Je mets à disposition plusieurs cours en e-learning sur les bases de la prononciation du chinois mandarin. Que vous soyez un grand débutant ou que vous ayez déjà quelques connaissances, ces cours constituent des bases solides pour votre apprentissage. Et en plus ils sont gratuits !

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